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Une reprise moderne du mythe de Pygmalion

Une reprise moderne du mythe de Pygmalion

Ce blog est un travail universitaire réalisé par deux étudiantes en littérature à  l’université de Paris 8. L’objectif est de parler du mythe de Pygmalion, de collecter des informations et de réfléchir sur les enjeux de ce mythe.

Le mythe de Pygmalion, relaté pour la première fois dans  Les Métamorphoses d’Ovide (ci-dessous), a traversé les époques et trouve encore de nombreuses résonances dans notre époque actuelle, dans de nombreux domaines artistiques tels que la sculpture, la peinture, la littérature mais également le cinéma.

Nous rappellons qu’il s’agit d’un travail personnel sans prétention, il est bien entendu corrigeable. Les commentaires sont bienvenus pour que le contenu de ce blog demeure vivant et intéractif.

" (…) Toutefois les impures Propétides osent refuser leur encens à Vénus. Mais en butte au courroux de la déesse, les premières elles trafiquèrent, dit-on, de leurs corps et de leurs baisers. Femmes sans pudeur, leur front s’est endurci à la honte ; pierres, elles n’ont fait que changer d’endurcissement.

Témoin de leurs fureurs criminelles, et révolté des vices sans nombre qui dégradent le cœur des femmes, Pygmalion vivait libre, sans épouse, et longtemps sa couche demeura solitaire.Cependant son heureux ciseau, guisé par un art merveilleux, donne à l’ivoire éblouissant une forme que jamais femme ne reçut de la nature, et l’artiste s’éprend de son œuvre. Ce sont les traits d’une vierge, d’une mortelle ; elle respire, et, sans la pudeur qui la retient, on la verrait se mouvoir ; tant l’art disparaît sous ses prestiges mêmes. Ebloui, le cœur brûlant d’amour, Pygmalion s’enivre d’une flamme chimérique. Plus d’une fois il avance la main vers son idole ; il la touche. Est-ce un corps, est-ce un ivoire ? Un ivoire ! non, il ne veut pas en convenir. Il croit lui rendre baisers pour baisers ; tour à tour il lui parle il l’étreint ; il s’imagine que la chair cède à la pression de ses doigts ; il tremble qu’ils ne laissent leur empreinte sur les membres de la statue. Tantôt il la comble de caresses, tantôt il lui prodigue les dons chers aux jeunes filles, coquillages, pierres brillantes, petits oiseaux, fleurs de mille couleurs, lis, balles nuancées, larmes tombées du tronc des Héliades. Ce n’est pas tout, il la revêt de tissus précieux ; à ses doigts étincellent des diamants ; à son cou, de superbes colliers ; à ses oreilles, de légers anneaux ; sur sa gorge, des chaînes d’or qui pendent : tout lui sied, et nue, elle semble encore plus belle. Il la couche sur des carreaux que teint la pourpre de Sidon ; il l’appelle la compagne de son lit ; il la contemple étendue sur le duvet moelleux : il croit qu’elle y est sensible.

C’était la fête de Vénus. Cypre tout entière célébrait cette fameuse journée. L’or éclate sur les cornes recourbées des génisses au flanc de neige qui, de toutes parts, tombent sous le couteau ; l’encens fume : Pygmalion dépose son offrande sur l’autel, et debout, d’une voix timide : «Grands dieux, si tout vous est possible, donnez-moi une épouse… (il n’ose pas nommer la vierge d’ivoire) semblable à ma vierge d’ivoire».

Vénus l’entend ; la blonde Vénus, qui préside elle-même à ses fêtes, comprend les voeux qu’il a formés ; et, présage heureux de sa protection divine, trois fois la flamme s’allume, trois fois un jet rapide s’élance dans les airs. Il revient, il vole à l’objet de sa flamme imaginaire, il se penche sur le lit, il couvre la statue de baisers. Dieux ! ses lèvres sont tièdes ; il approche de nouveau la bouche. D’une main tremblante il interroge le cœur : l’ivoire ému s’attendrit, il a quitté sa dureté première ; il fléchit sous les doigts, il cède. Telle la cire de l’Hymette s’amollit aux feux du jour, et, façonnée par le pouce de l’ouvrier, prend mille formes, se prête à mille usages divers. Pygmalion s’étonne ; il jouit timidement de son bonheur, il craint de se tromper ; sa main presse et presse encore celle qui réalise ses voeux. Elle existe. La veine s’enfle et repousse le doigt qui la cherche ; alors, seulement alors, l’artiste de Paphos, dans l’effusion de sa reconnaissance, répand tout son cœur aux pieds de Vénus. Enfin ce n’est plus sur une froide bouche que sa bouche s’imprime. La vierge sent les baisers qu’il lui donne ; elle les sent, car elle a rougi ; ses yeux timides s’ouvrent à la lumière, et d’abord elle voit le ciel et son amant. Cet hymen est l’ouvrage de la déesse ; elle y préside. Quand neuf fois la lune eut rapproché ses croissants et rempli son disque lumineux, Paphos vint à la lumière, et l’île hérita de son nom.(…) "

Puget, Guiard, Chevriau et Fouquet. "Ovide, les métamorphoses". In Wikisource.org [En Ligne ici] ( page consultée le 7 Avril 2009 à 11h38 ).

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